
Cher lecteur,
La dernière campagne publicitaire de Beckers nous incite à raconter la seule et véritable histoire de Beckers. Mon petit-fils a pris l'initiative de prendre contact avec vous. Après une agréable visite de l'entreprise, nous nous sommes réunis dans un endroit calme, où nous vous avons raconté et illustré l'histoire de notre entreprise. Nous nous réjouissons que la tradition de Beckers se soit perpétuée avec autant d'enthousiasme par des personnes telles que Marc Waelbers et Bernard Goethals. Beckers ne peut pas rêver meilleurs collaborateurs pour mener cette mission à bien et je suis heureuse que le travail de mon mari Jo et de mon beau-frère Jan soit poursuivi avec autant de passion.
Bonne lecture !
Madame Bekkers-Kessels
La fricandelle, telle que nous la connaissons aujourd'hui, a été inventée par Jan Bekkers, l’un des huit enfants du boucher Jan Bekkers de la Molenstraat à Deurne, aux Pays-Bas. Au début des années cinquante, Jan a effectué plusieurs voyages aux États-Unis, où il a fait la connaissance de la fameuse « culture-snack ». Rien de tel n'existait alors encore aux Pays-Bas. Les quelques friteries que nous avions ne vendaient que des frites et des saucisses de Francfort. C'est donc la tête plein d'idées qu'il a regagné sa terre natale.
1958. Jan effectue ses premiers pas dans le monde du snack dans un poulailler, situé à l'arrière de la boucherie de son père. Il commence avec du ragout à croquettes et des saucisses de Francfort en bocal. Ce seront ces dernières, manifestement inadaptées aux friteries, qui éveilleront sa curiosité. Il associe cette idée aux saucisses de petit déjeuner (sausages) qu’il a découvert aux États-Unis. Il trouve alors l’inspiration pour confectionner une saucisse sans peau : la fricandelle est née.
En 1959, il quitte son poulailler et part s'établir à la ferme Crisishoeve, la maison familiale de son épouse. L'organisation évolue et très vite, il se retrouve à l'étroit. Il dépasse alors la production dans sa propre maison dans la rue Erica à Griendtsveen. La même année, il s'étend encore dans un abattoir abandonné de la rue Groeneweg.
Les premières fricandelles prennent forme dans une boîte à saucisses transversale ouverte. Plus tard, il utilise un presse-étoupe, une machine issue du secteur de la boucherie servant à fabriquer des saucisses. Jugeant la couleur de son snack encore un peu claire, il ajoute du sucre caramélisé Buisman pour accentuer la couleur brun foncé et le goût de « café ». La fricandelle rencontre directement un franc succès.
Le garçon boucher et concurrent Gerrit de Vries de la ville de Dordrecht fabrique dans les années cinquante des boulettes de viande hachée pour le secteur de l'horeca. En 1954, un changement de la loi sur les marchandises l'oblige à adapter la recette, ce que n'apprécient guère ses clients. Il décide alors de laisser la recette telle quelle, mais de changer la forme. Au lieu d'une boulette, il la façonne en épais bâtonnet plat. Le nom ? Fricadelle, d’Allemagne, où ce terme est déjà utilisé depuis 1600 pour désigner un produit similaire. On ne sait pas avec certitude si Jan Bekkers s’en est inspiré comme créer sa fricandelle (avec un ‘n’). Mais une chose est sûre : il est bien le père de la fricandelle telle que les ont aujourd'hui : Une saucisse brune et lisse composée de viande finement hachée, sans eau.
Après le grand succès qu'il rencontre, Jan Bekkers bâtit sa première usine dans la rue Derpsestraat. Le nom connaît alors une légère modification, en devenant Beckers, avec ‘ck’, car les courriers adressés à l'entreprise de son frère Koos sont régulièrement intervertis avec ceux de Jan. À une époque, une légende urbaine disait que Jan avait volontairement modifié son nom afin d’arriver en première position dans l'annuaire téléphonique. Une belle anecdote certes, mais qui n'est pas la véritable raison du changement d'appellation.
Jan commence à la rue Derpsestraat avec 10 employés. À ce moment, tous les produits sont encore livrés frais. Progressivement, l'entreprise se structure. Le frère Jo Bekkers avait travaillé jadis au Congo belge, avant de revenir après le gouvernement Lumumba. Jan lui confie alors les taches commerciales et organisationnelles de l'entreprise, pour se concentrer sur la production. Beckers devient ensuite une grande entreprise reconnue et connaît régulièrement des travaux de transformation. Mais chemin faisant, il devient pratiquement impossible de ne fournir exclusivement que des produits frais. La congélation apportera une réponse à ce problème.
1972 marque la fin de l'époque des frères Jo et Jan Bekkers. Afin de garantir la continuité de l'entreprise, ces derniers recherchent un candidat repreneur. La société britannique Lyons sera finalement choisie. Les techniques de marketing avancé et une meilleure logistique font alors leur entrée dans l'entreprise. Jo Bekkers devient directeur général et remplit cette fonction jusqu'en 1980, où Beckers connaît des activités florissantes.
Voilà l'histoire de Beckers en deux mots. Nous en sommes fiers. Nous nous réjouissons également de la rédaction de ce récit : immers verba volant, scripta manent (les paroles s'envolent, les écrits restent). C'est en toute confiance que nous vous la transmettons. Retrouver ainsi le passé a été une expérience merveilleuse. Nous vous souhaitons le meilleur pour l'avenir. Et continuez surtout à prendre bien soin des délices de Beckers !
Affectueusement,
Elly Bekkers-Kessels, épouse de Jo Bekkers
Hans Bekkers, fils de Jo Bekkers
Jan-Willem Bekkers, petit-fils de Jo et fils de Hans Bekkers